Recrutement tech

« Je ne trouve pas de développeur » : et si le problème venait de votre annonce ?

Par l’équipe neodev · 10 min de lecture · Mis à jour le 9 octobre 2026

tensionscore est édité par neodev, qui propose aussi des développeurs freelances : nous le signalons pour que vous lisiez nos recommandations en connaissance de cause.

Si vous ne trouvez pas de développeur, c'est rarement parce qu'il n'en existe aucun : le plus souvent, votre annonce, votre salaire affiché ou la lenteur de votre process écartent les bons candidats avant même qu'ils ne postulent. La tension est réelle, puisque 71 % des entreprises du numérique se disent confrontées à une pénurie sur certains profils (baromètre Inop's relayé par Le Monde Informatique, 2025), mais elle se concentre sur le cloud/DevOps et la data, et un recrutement de cadre aboutit en moyenne en 12 semaines (APEC).

Vous avez peut-être publié votre annonce il y a six semaines : quelques candidatures, rien d'exploitable, et le silence de la plupart des profils contactés. La conclusion arrive vite : « le marché est à sec ». Pourtant, deux PME du même secteur, avec le même budget, mettent l'une trois semaines et l'autre cinq mois à recruter. La différence se joue sur ce que vous contrôlez : le texte de votre annonce, le salaire que vous affichez (ou que vous cachez), la longueur de votre process et la façon dont vous gérez votre délai.

Cet article fait le tour de la question. L'idée n'est pas de vous culpabiliser, mais de vous rendre les bonnes manettes.

Collez le texte de votre annonce dans l'outil et obtenez en 30 secondes sa fiche de tension : score de difficulté, délai estimé, coût réel de la première année et fourchette de salaire conseillée.

Voir mon diagnostic gratuit

La pénurie de développeurs est-elle réelle ?

En partie, oui. Le recrutement tech reste tendu : selon le baromètre Inop's relayé par Le Monde Informatique en 2025, 71 % des entreprises du numérique se disent confrontées à une tension sur certains profils, au point de freiner leur croissance, le cloud/DevOps et l'IA/data arrivant en tête des expertises les plus difficiles à trouver (49 % des répondants). Si vous galérez sur ces profils, vous n'êtes pas seul, et ce n'est pas votre imagination.

Mais le tableau a deux faces. Sur la même période, le marché a aussi refroidi : le volume d'offres tech a nettement baissé depuis le pic de 2022-2023, pendant que le nombre de candidatures, lui, a augmenté (selon les chiffres HelloWork relayés par Siècle Digital, les candidatures progressent de près de 48 % par rapport à 2023). Autrement dit, le bassin de développeurs en recherche existe, et il s'est plutôt étoffé. La vraie question n'est donc pas « y a-t-il des candidats ? », mais « est-ce que votre annonce capte ceux qui sont là ? ».

C'est là que se cache le levier que personne ne regarde. Le marché, vous ne le changez pas. Votre annonce, votre fourchette de salaire et votre process, vous les changez cet après-midi.

Votre annonce donne-t-elle envie de postuler ?

La plupart des annonces de développeur se ressemblent : une liste de technologies, une liste de missions, une liste de qualités attendues (« rigoureux, autonome, passionné »). Un bon développeur en lit dix par semaine. La vôtre doit lui dire, en quelques secondes, sur quoi il va travailler, avec qui, et pourquoi ça vaut le coup. Si elle ne répond pas à ça, il passe à la suivante sans même candidater.

Quelques signaux qui font fuir les candidats, sans que vous le sachiez :

Un point souvent sous-estimé : les développeurs lisent une annonce comme un échantillon de votre culture d'ingénierie. Une fiche de poste floue, truffée de buzzwords ou qui empile quinze technologies hétéroclites laisse penser que personne ne sait vraiment ce qu'il fait en interne. Ce n'est peut-être pas le cas chez vous, mais c'est le message reçu. Notre guide pour rédiger une annonce de développeur qui attire détaille la méthode, checklist comprise.

  • Une stack technique fourre-tout (« React, Angular, Vue, Python, Java, Go ») qui suggère que vous ne savez pas ce que vous cherchez.
  • Aucune information sur l'équipe, le produit ou ce que le développeur construira concrètement.
  • Un copier-coller de jargon RH générique, sans une seule phrase qui parle au métier.
  • Des exigences irréalistes (« 5 ans d'expérience sur une techno qui en a 3 ») qui disqualifient l'annonce aux yeux d'un connaisseur.

Votre salaire est-il affiché, et au niveau du marché ?

C'est le sujet qui fâche, donc allons-y directement. Une annonce sans salaire affiché est un filtre qui se retourne contre vous. Beaucoup de bons développeurs ne candidatent tout simplement pas à une offre sans fourchette, parce qu'ils refusent de s'engager dans un process pour découvrir au bout de trois entretiens que le budget ne suit pas. Cacher le chiffre ne vous protège pas, il vous prive de candidats : chiffres et objections sont détaillés dans notre guide sur l'affichage du salaire dans une annonce de développeur.

Deuxième problème : viser sous le marché sans le savoir. Dans les barèmes de tensionscore (base nationale, mis à jour en juillet 2026), un développeur front-end, back-end, full-stack ou mobile se situe autour de 32 à 42 k€ brut annuels en junior, 38 à 52 k€ en confirmé et 45 à 65 k€ en senior, les profils DevOps et data se payant davantage. Un développeur full-stack confirmé, par exemple, tourne autour de 42 à 52 k€ : 46 à 57 k€ en Île-de-France, 39 à 48 k€ en région. L'APEC situe de son côté le développeur cadre entre 34 et 53 k€, pour une moyenne de 43 k€ (édition 2025). Prenez ces montants comme des repères, pas comme une grille.

Si votre offre est nettement en dessous du marché pour le profil visé, aucune annonce bien écrite ne rattrapera l'écart. Et un détail que beaucoup de dirigeants oublient : le salaire brut n'est qu'une partie du coût. En France, comptez environ 1,45 fois le brut une fois les charges patronales ajoutées (le coefficient retenu par tensionscore pour un salarié cadre). Raisonner en coût chargé, et non en brut affiché, change souvent la lecture de votre budget.

Votre process est-il trop lent pour le marché ?

Vous pouvez avoir la meilleure annonce et le bon salaire, et perdre quand même vos candidats par lenteur. Un bon développeur en recherche active a souvent plusieurs pistes en parallèle. S'il vous faut dix jours pour répondre à sa candidature, puis quatre entretiens étalés sur six semaines, il aura signé ailleurs avant votre dernier rendez-vous. Le candidat le plus qualifié est aussi celui qui part le plus vite.

Selon l'APEC, un recrutement de cadre prend en moyenne 12 semaines, et les barèmes de tensionscore vont de 2 à 4 mois pour un développeur front-end à 4 à 6 mois pour un ingénieur data ou un tech lead. Une partie de ce délai vous est imposée par le marché. Mais une partie vient de l'intérieur : un retour qui traîne, un décideur jamais disponible, un test technique surdimensionné qui décourage. Ces jours-là sont les vôtres, et chacun coûte cher.

Car le délai n'est pas neutre financièrement. Tant que le poste n'est pas pourvu, le travail n'est pas fait : retard produit, surcharge de l'équipe en place, opportunité repoussée. Ce coût du délai s'ajoute au coût de recrutement (de l'ordre de 5 000 à 8 000 € pour un poste standard en TPE/PME selon Optima Industrie, davantage si vous passez par un cabinet IT, qui facture souvent 18 à 25 % du salaire brut annuel). C'est cette addition, salaire chargé plus recrutement plus délai, qui constitue le vrai coût de la première année.

Comment savoir ce qui bloque sur votre annonce ?

Le diagnostic général, c'est bien. Mais votre blocage est spécifique. Peut-être que votre annonce est excellente et que votre seul problème est un salaire un cran trop bas. Peut-être l'inverse. Vous ne le saurez pas en lisant des moyennes : vous le saurez en regardant votre propre texte avec les bons repères en face.

C'est exactement ce que fait notre outil. Vous collez le texte de votre annonce, et vous obtenez une fiche de tension : un score de difficulté sur 10, le délai médian de recrutement estimé pour ce profil, le coût réel de la première année (salaire chargé, coût de recrutement, coût du délai), les red flags qui font fuir les candidats, et une fourchette de salaire conseillée calée sur les repères du marché français. Le calcul est entièrement déterministe et s'appuie sur des sources publiques datées (Silkhom, APEC, enquête BMO de France Travail et de la DARES) : aucun chiffre n'est inventé.

Et si le diagnostic révèle que le poste est tendu et que vous ne pouvez pas vous permettre plusieurs mois d'attente, il existe une autre voie que l'embauche en CDI à tout prix. Faire appel à un développeur externe, comme ceux du collectif neodev, permet de livrer pendant que le recrutement suit son cours : nous comparons les options dans CDI, freelance ou agence. Ce n'est pas l'opposé de recruter : c'est souvent ce qui vous laisse le temps de recruter bien.

À retenir

  • La pénurie tech est réelle (71 % des entreprises du numérique disent buter sur certains profils, selon le baromètre Inop's relayé par Le Monde Informatique, 2025), mais elle se concentre sur le cloud/DevOps et la data et sert souvent d'explication qui masque des freins internes.
  • Le premier frein contrôlable est l'annonce : stack fourre-tout, jargon générique et exigences irréalistes font fuir les bons profils en quelques secondes.
  • Ne pas afficher de salaire, ou viser sous le marché (un full-stack confirmé tourne autour de 42 à 52 k€ brut en base nationale), élimine des candidats avant même qu'ils ne postulent.
  • Un process lent fait perdre les meilleurs candidats : chaque jour de poste vacant ajoute un coût de délai souvent ignoré.
  • Le coût réel d'un recrutement, c'est le salaire chargé (environ 1,45 × le brut) plus le coût de recrutement plus le coût du délai, pas seulement le brut affiché.

Questions fréquentes

Est-ce vraiment impossible de trouver un développeur en ce moment ?

Non. Le marché reste tendu sur certains profils (senior, cloud/DevOps, data), mais le volume de candidatures disponibles a augmenté depuis 2022-2023 et beaucoup de recruteurs reçoivent plus de candidatures qu'avant. Si vous ne recevez rien, le problème vient plus souvent de l'attractivité de l'offre que de l'absence de candidats. Tester votre annonce vous dira de quel côté penche la vôtre.

Faut-il obligatoirement afficher le salaire dans l'annonce ?

Pas encore en France : aucune règle générale ne l'impose aujourd'hui. Le projet de loi qui transpose la directive européenne sur la transparence des rémunérations, déposé au Sénat le 10 septembre 2026, prévoit d'interdire les offres sans fourchette de rémunération, mais il n'est pas encore adopté. C'est en revanche fortement recommandé : une fourchette claire augmente le nombre et la qualité des candidatures et évite de dérouler un process entier pour rien.

Combien coûte vraiment un développeur la première année ?

Bien plus que le salaire brut. Il faut additionner le salaire chargé (environ 1,45 × le brut), le coût de recrutement (5 000 à 8 000 € en interne pour une TPE/PME selon Optima Industrie, ou 18 à 25 % du brut annuel via un cabinet IT ; l'outil retient 18 %) et le coût du délai pendant lequel le poste reste vacant. Pour votre annonce précise, l'outil calcule cette addition.

Recruter en CDI ou passer par un prestataire externe ?

Cela dépend de votre urgence. Le CDI est la bonne option pour un besoin durable, mais il prend souvent plusieurs mois. Si vous avez un besoin immédiat ou une roadmap qui ne peut pas attendre, un développeur externe (c'est par exemple l'offre de neodev) peut livrer pendant que vous prenez le temps de recruter le bon profil.

Collez votre annonce de développeur : score, délai réel, coût de la 1ʳᵉ année et ce qui fait fuir les candidats — gratuit, en 30 secondes.

Voir mon diagnostic gratuit

Sources

Repères de salaires 2026 par métier

Développeur frontendDéveloppeur backendDéveloppeur fullstackDéveloppeur mobileIngénieur DevOpsIngénieur dataTech leadTesteur QAProduct designerProduct manager

À lire ensuite